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AXE 2 - La macroéconomie ouverte et la coopération internationale

2.2 - Les politiques macroéconomiques et la stabilisation interne

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2.2.1 - Les finances publiques

Pendant longtemps, les modèles de finances publiques ont uniquement tenu compte, dans le programme du décideur public, des contraintes économiques ou contraintes de crédibilité liées aux anticipations des agents (Calvo, 1978). Mais ces contraintes se sont avérées bien vite insuffisantes pour les pays en développement caractérisés, le plus souvent, par de l'instabilité politique. Il a donc fallu introduire également des contraintes politiques (Persson et Tabellini, 2002). Celles-ci se manifestent de multiples façons : existence d'un cycle politico-économique (Alesina, Roubini et Cohen, 1999), dette publique excessive, instabilité gouvernementale, guerre civile, sécession (Buchanan et Faith, 1987),…

L'intérêt du CERDI pour les questions relatives aux finances publiques est ancien. Celui-ci compte toujours contribuer au débat en combinant des études théoriques et des travaux économétriques. Les chercheurs vont étudier plus particulièrement :

  • La transition fiscale dans un contexte de substitution de la fiscalité intérieure par la fiscalité douanière (Toye, 2000).
  • Les déterminants du prélèvement public et les facteurs de la mobilisation fiscale (Stosky et WoldeMariam, 1997).
  • Les moyens d'augmenter les recettes fiscales de chaque Etat dans un contexte international de restrictions des financements (Burgess et Stern, 1993). On s'intéresse en particulier aux conséquences macroéconomiques de la fiscalité relativement aux autres modes de financement des dépenses (seigneuriage, financement extérieur,…) et aux interdépendances entre ces modes, ce qui conduit à rechercher une optimisation de l'espace budgétaire propre à chaque pays.
  • Les déterminants de l'évasion fiscale et les interactions de celle-ci avec la corruption (Allongham et Sandmo, 1972 ; Collier, 2000).
  • L'efficacité des dépenses publiques, en particulier des dépenses éducatives et de santé (Devarajan, Swaroop et Zou, 1996).
  • Les conséquences sur les finances publiques d'une part, de l'intégration régionale (par exemple à travers le pacte de stabilité de l'Union monétaire Ouest Africaine) et d'autre part, de la décentralisation. Les travaux font en particulier appel à la théorie du fédéralisme budgétaire .
  • Les cycles politico-budgétaires dans des pays adoptant progressivement la démocratie.
  • Les effets non linéaires de la politique budgétaire sur le cycle économique en s'appuyant sur des travaux visant à dépasser le simple cadre de l'équivalence néo-ricardienne. L'hypothèse centrale est celle d'un impact expansif d'une réduction du déficit budgétaire en situation d'endettement critique (Sutherland, 1997).

2.2.2 - La monnaie et le change

Les variations du taux de change revêtent une importance toute particulière pour des petites économies tournées vers l'extérieur. On sait que les idées dominantes sur le "meilleur régime de change" ont beaucoup évolué depuis la fin de Bretton Woods : mouvement en faveur de l'adoption de régimes de taux de change flexible dans les années 70, puis dans les années 80, mouvement en faveur d'une gestion plus active des taux de change et vers des monnaies uniques. Si ces fluctuations de la pensée peuvent être attribuées en partie à des modes, elles révèlent également la complexité et la richesse inépuisable du sujet (Calvo et Reinhart, 2002). La dynamique d'intégration à l'économie mondiale a été à l'origine d'un renouvellement de la littérature sur la performance des régimes de change. Plusieurs outils sont disponibles. Les modèles d'équilibre général calculable s'avèrent particulièrement adaptés pour l'analyse des politiques de change et leurs implications sur l'allocation des ressources à travers la modification des prix relatifs internes. Un autre courant de littérature a consisté à capter les déterminants structurels des taux de change et à repérer le mésalignement des monnaies qui en résulte. Le taux de change d'équilibre s'obtient alors par des estimations économétriques de relations de long terme entre le taux de change réel et les variables économiques "fondamentales "qui agissent sur les équilibres internes et externes.

Le CERDI, dont l'expertise en zone franc est largement reconnue, considère qu'il s'agit d'un thème de recherche toujours important. Ainsi, la recherche du laboratoire s'oriente sur :

  • Les implications macroéconomiques des solutions qualifiées de "coin" : caisses d'émission (Edwards, 2002), pays dollarisés (Edwards, 2001) ;
  • La gestion du risque de change (Goldfajn et Silveira, 2002) ;
  • Les facteurs de déclenchement des crises financières (Tirole, 2002) ;
  • La dynamique des épisodes d'inflation (Dornbusch et alii, 1990) ;
  • Le rôle des unions monétaires dans l'intégration régionale (Engel et Rose, 2002) ;
  • Les conséquences des politiques de change, en particulier en Chine ;
  • Le fonctionnement des marchés de bons du trésor dans la zone UEMOA ;
  • La gestion du taux de change en rapport avec les règles de politique monétaire (Taylor, 2001) ;
  • La compatibilité entre la politique de change, déterminée en fonction de variables macroéconomiques, et la gestion des chocs sectoriels nouveaux. Dans quelle mesure l'absence de politique de change "compensatrice" de ces chocs exogènes est-elle amortie par des politiques internes ou comportements productifs plus efficaces ? Les exemples du secteur textile, pour la Tunisie et le Maroc, seront plus particulièrement étudiés.
Bibliographie
  • Alesina A., N. Roubini et G. Cohen, 1999, Political Cycles and the Macroeconomy, MIT press.
  • Allongham M.G. et A. Sandmo, 1972, "Income Tax Evasion : a Theoretical Analysis", Journal of Public Economics, 1.
  • Buchanan J.M. et R.L. Faith, 1987, "Secession and the Limits of Taxation : Toward a Theory of Internal Exit", The American Economic Review, 77.
  • Burgess R. et N. Stern, 1993, "Taxation and Development", Journal of Economic Literature, 31.
  • Calvo G., 1978, "On the Time Inconsistency of Optimal Policy in a Monetary Economy", Econometrica, 46.
  • Calvo G.A. et C. Reinhart, 2002, "Fear of Floating", Quarterly Journal of Economics.
  • Collier P., 2000, "How to Reduce Corruption ?", African Development Review, 12.
  • Devarajan S., V. Swaroop et H.F. Zou, 1996, "The Composition of Public Expenditure and Economic Growth", Journal of Monetary Economics, 37.
  • Dornbusch R., F. Sturzenegger et H. Wolf, 1990, "Extreme Inflation : Dynamics and Stabilization", Brookings Papers on Economic Activity, 1.
  • Edwards S., 2001, "Dollarization :Myths and Realities", Journal of Policy Modeling, 23.
  • Edwards S., 2002, "The Great Exchange Rate Debate After Argentina", North American Journal of Economics and Finance, 83.
  • Engel C. et A.K. Rose, 2002, "Currency Unions and International Integration", Journal of Money, Credit and Banking.
  • Goldfajn I. et M.A. Silveira, 2002, "Should Government Smooth Exchange Rate Risk ?", Journal of Development Economics.
  • Persson T. et G. Tabellini, 2002, Political Economics : Explaining Economic Policy, MIT press.
  • Stosky J.G. et A. WoldeMariam, 1997, "Tax Effort in Sub-Saharan Africa", IMF WP, 107.
  • Sutherland A., 1997, "Fiscal Crises and Aggregate Demand : Can High Public Debt Reverse the Efects of Fiscal Policy ?", Journal of Public Economics, 65.
  • Taylor J., 2001, "The Rules of Exchange Rates in Monetary Policy Rules", American Economic Review.
  • Tirole J., 2002, Financial Crisis, Liquidity and the International Monetary System, Princeton University Press.
  • Toye J., 2000, "Fiscal Crisis and Fiscal Reform in Developing Countries", Cambridge Journal of Economics, 24.

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